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Maintenir à domicile : une responsabilité partagée entre médecins et soins à domicile

SNM-News NOMAD

Le maintien à domicile s’impose aujourd’hui comme l’un des enjeux majeurs de l’organisation des soins. Le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et la réduction des durées d’hospitalisation modifient profondément les trajectoires de prise en charge. De plus en plus de patient·es vivent avec des pathologies complexes tout en restant chez eux·elles, parfois longtemps, parfois dans des situations de grande fragilité.

Dans ce contexte, la qualité du suivi médical dépend de plus en plus de la capacité des acteurs du réseau à collaborer étroitement. Le domicile n’est plus simplement un lieu de vie : il devient aussi un lieu de soins, d’observation clinique et de coordination.

Dans le canton de Neuchâtel, les équipes de NOMAD – soins à domicile – interviennent chaque jour auprès de patient·es présentant des profils très variés : personnes âgées fragilisées, patient·es chroniques, situations de soins palliatifs, troubles psychiatriques, retours précoces à domicile après hospitalisation ou encore situations sociales complexes. Ces interventions se font en lien direct avec les médecins traitant·es et les partenaires du réseau.

Malgré cette présence quotidienne, le potentiel des soins à domicile reste parfois sous-estimé. Pourtant, le domicile constitue un poste d’observation privilégié pour comprendre l’évolution d’un·e patient·e dans sa réalité quotidienne.

Contrairement au cadre hospitalier ou au cabinet médical, les professionnel·les intervenant au domicile observent le·la patient·e dans son environnement réel : ses capacités fonctionnelles, ses habitudes de vie, l’organisation de la prise des traitements, la présence – ou l’absence – de soutien familial, mais aussi les facteurs de risque présents dans le logement. Cette proximité permet souvent d’identifier précocement des signes d’évolution clinique qui resteraient autrement invisibles.

Une perte d’équilibre, un isolement croissant, des difficultés d’observance thérapeutique, une fatigue inhabituelle ou une modification du comportement peuvent constituer les premiers signaux d’une décompensation. Transmises rapidement au ou à la médecin, ces informations permettent d’ajuster la prise en charge et, dans de nombreuses situations, d’éviter des aggravations ou des hospitalisations.

Dans cette perspective, les soins à domicile jouent un rôle de relais clinique. Ils contribuent à assurer une continuité de suivi entre les différents lieux de soins et à maintenir une présence régulière auprès des patient·es les plus vulnérables.

L’activité des équipes de NOMAD ne se limite toutefois pas aux soins infirmiers techniques. Elle repose sur une approche globale de la personne, intégrant les dimensions médicales, fonctionnelles, sociales et familiales de la situation.

Les professionnel·les évaluent régulièrement l’autonomie des patient·es, l’évolution de leurs capacités et les besoins d’adaptation du dispositif de soins. Cette évaluation continue permet d’anticiper les situations à risque, d’organiser les interventions nécessaires et d’accompagner les proches aidant·es, dont le rôle est souvent déterminant dans la possibilité de maintenir une personne à domicile.

La prise en charge s’appuie également sur des compétences spécialisées intégrées au sein des équipes. Les soins palliatifs à domicile constituent par exemple un domaine dans lequel la coordination entre médecins et infirmiers·ères spécialisé·es est particulièrement essentielle. La présence d’équipes formées permet d’accompagner des situations complexes tout en respectant le souhait de nombreux·euses patient·es de rester chez eux.

D’autres domaines d’expertise sont également mobilisés, notamment en psychiatrie communautaire, en diabétologie ou en stomathérapie. Ces compétences permettent d’apporter un soutien clinique ciblé dans des situations qui exigent un suivi spécifique ou une expertise particulière.

Dans toutes ces situations, la collaboration avec le·la médecin traitant·e reste centrale. Le·la médecin conserve la responsabilité médicale et la vision globale du suivi, tandis que les équipes à domicile apportent des observations régulières et un relais de terrain qui enrichissent la prise en charge.

La coordination constitue d’ailleurs l’un des enjeux majeurs du maintien à domicile. Le nombre d’intervenant·es autour d’un·e patient·e peut rapidement devenir important : médecins, infirmiers·ères, aides à domicile, pharmacien·nes, thérapeutes ou encore services sociaux. Sans organisation claire, cette multiplicité peut générer des ruptures d’information, des retards d’adaptation thérapeutique ou des hospitalisations qui auraient parfois pu être évitées.

Le développement des outils numériques contribue aujourd’hui à améliorer cette coordination. Le dossier électronique du ou de la patient·e, les messageries sécurisées entre professionnel·les ou certains outils de suivi à distance permettent un partage plus fluide des informations cliniques et infirmières. Utilisés de manière active par les différents acteurs du réseau, ces dispositifs facilitent la continuité du suivi et la réactivité face à l’évolution d’une situation.

Pour autant, la technologie ne remplace pas la relation professionnelle et la confiance entre les acteurs du réseau. La qualité de la collaboration repose avant tout sur la clarté des rôles, la communication directe et la reconnaissance mutuelle des compétences.

Dans le canton de Neuchâtel, NOMAD assure une présence sur l’ensemble du territoire et intervient sept jours sur sept. Cette couverture cantonale permet d’accompagner les patient·es dans des contextes très variés, qu’il s’agisse de zones urbaines ou rurales.

Les équipes sont régulièrement sollicitées lors de retours à domicile après hospitalisation, dans des situations de perte d’autonomie progressive, lors de suivis de maladies chroniques ou lorsque les proches aidant·es atteignent leurs limites. Dans ces moments charnières, la possibilité d’organiser rapidement un accompagnement à domicile peut faire une différence déterminante pour le·la patient·e et son entourage.

Dans la pratique quotidienne, certaines situations gagnent ainsi à être accompagnées par une équipe intervenant au domicile : retour d’hospitalisation, fragilisation progressive d’un·e patient·e vivant seul·e, suivi de pathologies chroniques ou accompagnement palliatif. Dans ces contextes, la présence régulière d’un·e professionnel·le au domicile permet d’observer l’évolution de la situation, de relayer des informations cliniques pertinentes et de renforcer la continuité de la prise en charge.

Au-delà des soins eux-mêmes, l’enjeu est souvent de préserver un équilibre de vie. Rester à domicile représente pour de nombreux·ses patient·es un facteur essentiel de qualité de vie, d’autonomie et de dignité. Lorsque l’accompagnement est bien coordonné, il permet de maintenir cet équilibre plus longtemps.

Pour les médecins, les soins à domicile représentent ainsi un partenaire capable de soutenir la prise en charge au quotidien. Les équipes peuvent assurer un suivi régulier, transmettre des observations cliniques utiles, coordonner les interventions et contribuer à sécuriser des situations fragiles.

Dans un système de santé confronté à des défis démographiques et organisationnels importants, cette collaboration constitue l’une des clés pour permettre aux patient·es de rester chez eux·elles le plus longtemps possible, dans des conditions sûres, humaines et dignes.

 

Marielle Thomas Katolo

Direction de Région Doubs

Responsable des partenariats chez NOMAD

 

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