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Mot du président - Primes 2027 : même pièce, même acte, chaque automne

SNM-News Société

Chères et chers collègues,

Le 29 septembre, la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider a annoncé une hausse moyenne des primes de 5 % pour 2027, 5,4 % pour Neuchâtel. Le scénario est rodé : un chiffre, de l'indignation, des appels à « enfin agir ». Et chaque automne, les médecins figurent en bonne place parmi les suspects. 

La hausse fait l'unanimité contre elle, les remèdes moins. La solution est certainement mixte soulager tout de suite ceux qui paient, et continuer à freiner ce qui fait monter la facture.

Coûts et primes, ce n'est pas la même chose

Les coûts progressent, comme dans tous les pays industrialisés : la population vieillit, on dépiste et on soigne mieux. Les primes augmentent plus vite, parce qu'elles financent une part toujours plus grande des soins, notamment par le transfert de l’hospitalier sur l’ambulatoire. Les assureurs disposent pourtant de 8,6 milliards de réserves. La SMSR a estimé qu'une hausse de 2 à 2,5 % aurait suffi pour 2027…
Et le calcul des primes sur des coûts prévisionnels, qui oblige ensuite à des rattrapages, est-il vraiment le bon ?

Soulager maintenant : revoir le financement

Les ménages modestes et la classe moyenne inférieure n'en peuvent plus. Le financement uniforme (EFAS) corrigera une partie du problème, mais seulement dès 2028.

Subsides renforcés et harmonisés, primes liées au revenu, part financée par l'impôt : les pistes sont sur la table. À la naissance de la LAMal, on proposait déjà de limiter les primes à 8 % du revenu des ménages. Au final, c'est la population qui paie, par les primes ou par l'impôt. Les modalités se discutent. L'urgence, plus !

Pour ce sujet, la balle est dans la main des politiciens.

Freiner la hausse : ce qu'il faudrait faire de notre côté

D'abord corriger le tarif vite et de manière ciblée, avec les sociétés de discipline. La FMH veut attendre des données solides, et le travail tarifaire interne sur les minutages ne devrait aboutir qu'en 2029. La prudence se comprend, mais le monde politique n'a pas cette patience : le plafonnement de la prestation médicale a été voté avant que le TARDOC ait livré ses premiers chiffres.

Facturer juste, et la transparence partout : j'ai montré mes chiffres cet été, j'attends la même chose ailleurs y.c. chez les assureurs.

Ensuite, réussir le virage ambulatoire et renforcer la médecine de premier recours sans en affaiblir la qualité. Continuer d’alerter et de diminuer la microréglementation, pour rendre du temps aux patients . N’oubliez pas la campagne de sensibilisation SSMIG « Tigre de papier », ouverte à toutes les spécialités.

Et surtout appliquer la smarter medicine : les traitements inutiles ne sont pas la cause principale de la hausse, mais les réduire est notre responsabilité. Les listes Top 5 de nos disciplines sont là pour ça.

Fausses pistes et vrais débats

Premièrement, laisser aux réformes le temps de produire leurs effets avant d'en empiler de nouvelles !

Relever la franchise, taxer les urgences, réduire le catalogue : c'est reporter la charge sur les malades. C'est déjà une réalité, des patients renoncent à consulter. Ils reviendront plus tard, plus malades, et pour plus cher.

La caisse unique publique revient aussi dans le débat. À titre personnel, plus de transparence et moins de doublons administratifs, pourquoi pas. Le corps médical reste toutefois partagé, la FMH y voit un risque pour le partenariat tarifaire, et cela ne réglera pas la hausse des coûts patients.

Autre nouveauté : l’Association suisse des veut devenir un contre-pouvoir, à l'image de l'Asloca pour les locataires. Pour moi c’est une bonne nouvelle et légitime. Car il faudra très probablement aussi débattre, puis décider, de questions éthiques : jusqu'où voulons-nous payer l'intégration des nouveautés médicales, et jusqu'à quel âge ? Ces choix ne pourront se faire sans les premiers concernés.

Et au cabinet ?

Nos patients vont comparer, et certains changeront de modèle. Certains restreignent le libre choix du médecin et les conditions de remboursement, au risque de les éloigner de leurs médecins.

 Conseillons-leur le comparateur officiel priminfo.admin.ch , de vérifier que leur médecin figure bien dans le modèle choisi, de ne pas répondre aux démarchages téléphoniques et d'exiger les conditions par écrit.

Une affiche pour la salle d'attente est à télécharger sur notre site (la même qu'en 2025 !).

Bel automne à toutes et tous !

Dominique Bünzli, président SNM